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"Chez
Marius" |
Centre
d'Aide
par le Travail ![]() GEZAINCOURT |
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Les
belles images de notre région |
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Luc Decroix a fait cette photographie depuis un avion piloté par un habitué des prises de vue aérienne du côté d'Abbeville (Monsieur Pierre VASSEUR de l'aéro-club de la Somme, basé à St Maclou près d'Abbeville). Merci à M. et Mme Le Borgne de Gézaincourt qui ont invité ce photographe amateur pour cette escapade incroyable et haute en couleur. Cette rivière de Lin fleurie de bleu n'est pas sans nous rappeller la Waide, cette plante tinctorialle qui servait au Moyen-âge à faire de la teinture bleue et qui a fait la richesse de notre Picardie."L'or bleu de Picardie" . Seule différence, la waide fleurissait jaune. C'est avec les feuilles qui m'assèraient dans les urines animales et humaines que la couleur bleue apparaissaient. Voir une la page consacrée à la waide : http://www.cat-gezaincourt.org/marius/waid.html Pour en savoir plus sur cette oeuvre: Consultez le Courrier Picard du Jeudi 29 Juin 2006 (Page 3) |
VOUS POUVEZ VOUS SERVIR DE CETTE
PHOTOGRAPHIE
TOUS DROITS DE REPRODUCTION AUTORISÉS PAR L'AUTEUR ( L.Decroix)
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JACQUES
LECLERCQ-K "Où commencer, insister."
introduction : extraits du texte de Liliana ALBERTAZZI tiré de l'ouvrage 'Jacques Leclercq-k, la rivière de lin et autres fictions' extraits du journal de Jacques Leclercq-K, publié dans l'ouvrage ' La rivière de lin' Extraits du texte de Liliana ALBERTAZZI tiré de l'ouvrage 'Jacques Leclercq-k, la rivière de lin et autres fictions', Edition Marval, 1998 Informations : plantation de lin sur 4 km, 1,50m de largeur en haut, 16m en bas, déclivité de 108 à 12m, vallée de Friolet, Picardie, mars à septembre 1997. 'Dans l'idée de ressusciter une rivière dans une vallée sèche que l'eau a quittée depuis quelques millions d'années on tient sans doute l'origine du projet de La rivière de lin de Jacques Leclercq-K, d'où, la fiction du paysage, sous-titre de l'oeuvre. Des quatre kilomètres de plantation de lin bleu qui traverse la vallée du Friolet, source et embouchure, de même que les berges de cette rivière aménagées de gazon (lui-même planté) peuvent être considérées comme fictives. Mais la fiction s'arrête à cette figuration d'une rivière qui ne coule pas. Le cours tracé par les plantes de lin est lui, bien présent. Entre ces deux notions, fiction et présence, se joue la réalité d'une oeuvre artistique et sa condition esthétique. Dans la dichotomie de ces deux termes, le travail de Jacques Leclerq-K prend une toute autre mesure et le titre, la nomination de La rivière de lin prennent en charge la distance entre l'oeuvre et son statut. Il en va ainsi pour beaucoup des oeuvres du Land Art, leurs titres renvoient souvent à une forme ou à un lieu. Et jusqu'au XXème siècle, l'histoire de l'art et sa classification par genre n'a pas cessé de désigner l'objet représenté via le titre de l'oeuvre. L'autonomie acquise par les oeuvres au tournant du siècle a vu apparaïtre des titres qui ne correspondaient pas à la représentation, mais soit aux couleurs du tableau, soit à l'association avec un certain autre domaine comme la musique (Whistler, Kupka). Schwitters avec sa série de merz, le titre soulignera l'étrangeté qu'un tableau représente et par la suite une longue liste de sans titre proclamera l'autonomie de l'objet par rapport à toute autre réalité. Mais avec le Land Art, à nouveau, il semblerait que l'oeuvre demande à être nommée comme pour conjurer son assimilation au paysage. Pour la distinguer du naturel, l'oeuvre, qui est tout artifice, se nomme pour trouver une place dans la Nature. La rivière de lin, par son titre 'mimétise' le lieu d'autrefois, mais la fiction d'une rivière où ne coule pas d'eau s'arrête là où la mémoire restitue la réalité du paysage. Ce paysage, qui ne comprend pas les termes de réalité et de fiction, qui a peine à se définir et dont on ne peut que constater la présence à partir d'un point de vue, semble réagir en réactivant sa mémoire. |
L'artiste
intervient, crée artificiellement un tracé bleu dans la
vallée et au même titre que les cultures de maïs,
orge et blé, plantées par l'homme, il participe de la
nature esthétiquement présente dans le paysage. Soudain,
le naturel et l'artificiel se confondent dans une présence qui
se passe de la compréhension de l'un et de l'autre et qui inscrit
la volonté de l'artiste dans cette nature autre qui est l'art.
Presque incidemment, la notion de paysage naït du moment d'un point de vue privilégié, où le regard se fixe et dés lors qu'un angle de vision s'ouvre à nous pour encadrer une perception qui s'offre comme esthétique. Au gré de ses quatre kilomètres La rivière se propose comme une ligne sinueuse dessinée à travers la vallée suivant courbes et méandres. Comme s'il traçait au crayon sur une feuille de papier, l'artiste sur le tracteur a dessiné sur le sol le schéma d'une plantation de lin. La bande bleue, très mince à la 'source', se développe, ondule et s'oriente selon la qualité du terrain, les hauteurs de coteaux qui la flanquent, les larris qui la surplombent. Elle est entrecoupée par les chemins et la route et elle se ramifie à 'l'embouchure'. Son parcours hétérogène se ponctue par des éléments qui offre l'occasion d'une halte, un point de vue pour actualiser le paysage. Le promeneur s'arrête, se retourne, domine la route et recrée ce moment du paysage. Il reprend l'attitude de l'artiste qui en rapport au site existant a souligné, effacé ou jusqu'à opposé le dessin du tracé bleu. (...)Le paysage a donné lieu à l'oeuvre. Malgré l'évidence de cette affirmation, il ne va pas de soi que le concept de matériau puisse donner naissance à l'oeuvre, il se peut aussi qu'à l'inverse, ce soit le concept de l'oeuvre qui cherche son matériau. Tout particulièrement, dans le cas de ces oeuvres inscrites dans la nature, le rapport entre oeuvre et matériau est si étroit ,que les réponses ne coulent pas de source. Jacques Leclercq-K a travaillé dans les deux sens. Quand il a fallu répondre à des concours ou à des projets d'exposition spécifique, comme dans 'Une année républicaine' en 1989 ou dans les 'Anémographes flottants' l'année précédente, l'artiste passe d'abord par le concept et la réalisation, l'installation sur le site reste aléatoire. En revanche, à chaque fois que le paysage est à l'origine de l'oeuvre, l'artiste est pris par l'urgence de la réalisation dans un site précis, car l'une et l'autre sont indissolublement liés. Cet état des choses ne va pas sans complications quant à la gestion que le site implique, pourtant, rien n'entrave cette urgence. Le fait est remarquable à plusieurs égards; d'une part, parce qu'il est ainsi établi que le site est matériau de l'oeuvre et que rien peut se substituer à l'opportunité de ce matériau là, de l'autre, parce que l'artiste nous rappelle jusqu'à quel point l'énergie organisatrice qui aplanit tous les obstacles d'ordre matériel est fondatrice dans les oeuvres générées, conditionnées et façonnées dans la nature. A l'instar de quelques grands exemples prédécesseurs, l'on constate que les oeuvres dans la nature demandent un travail collectif où l'artiste, en plus de son travail de conceptualisation et de réalisation, doit tenir compte de l'ensemble de personnes que ce type de travail implique ainsi que de toutes sortes de démarches administratives qui permettent de mettre en rapport l'art, l'agriculture et les autorités régionales. L'oeuvre plastique trouve un pendant à l'oeuvre théâtrale ou cinématographique. En outre, ajoutons qu'un bon nombre d'oeuvres inscrites dans le paysage auparavant par l'artiste et notamment, toutes celles où il utilise des ballots de paille renvoient à la notion d'éphémère. Les empilements verticaux, en spirale ou en escalier, autonomes ou équilibrés par des tenseurs ne sont restés sur place que peu de temps, le temps du ravissement. Une photographie fixe l'image du moment, mais rien ne pourra jamais le restituer. Une fois de plus s'impose la référence au théâtre et à ses catégories esthétiques. |
Aucun
autre domaine esthétique, sinon la nature elle-même, ne
semble plus propice comme repère, puisque tous les éléments
qui constituent l'oeuvre - paysage, climat, lumière naturelle
et réalisation - doivent coïncider dans le temps et l'espace.
C'est la durée éphémère de toutes ces conditions
réunies qui produit (ou pas) le moment esthétique.
Pour ses réalisations sculpturales dans le paysage, Jacques Leclercq-K n'utilise que la paille et la fibre de verre. Et autant celle-ci marque l'opposition presque du milieu naturel et de l'artificiel, autant la paille renoue avec un répertoire de formes archétypes qui rejoint celui des artistes du Land Art. Comme si la spirale, le temple, la colonne, l'escalier sans fin ou la pyramide, que l'on retrouve dans toutes les cultures anciennes, étaient chargées d'un rapport ancestral au naturel qui n'existe plus dans nos cultures contemporaines. En effet, le mot 'archétype' renvoie directement à l'idée de modèle original et chez Jung, les modèles présents dans les cultures archaïques constituent l'inconscient collectif, ce qui pourrait expliquer l'abondance de ces formes dans les oeuvres du Land Art et dans toutes les oeuvres produites dans le milieu naturel, en général. Stonehenge, les alignements de Carnac, la tour de Babel et les pyramides d'Egypte sont des références récurrentes pour Jacques Leclercq-K et bien d'autres parce qu'ils relèvent des modèles originaux. Toutefois, l'intersection des points communs de toutes ces réalisations, il faut la chercher davantage dans la coïncidence de la formalisation des mythes que dans une reprise de formes artistiques. Le chassé-croisé universel et de tous les temps de ces références convoque un rapport nature-culture commun à toutes les civilisations.Le travail de Jacques Leclercq-K se renouvelle radicalement par le façonnement de la terre comme matériau dans la rivière de lin. Les archétypes s'estompent pour laisser place à la réalité de la terre elle-même. De la même manière que les Anciens posaient les bases d'un patrimoine, l'artiste Jacques Leclercq-K , jusqu'à présent posait ses constructions dans le paysage. Et bien que les oeuvres de ballots de paille soient concernées par le cycle naturel de la matière organique et tout l'aléatoire qui l'entoure, la nature fut ici plus un support qu'un matériau. Dans la rivière de lin, la nature est façonnée, comme si le paysage se transformait de l'intérieur. ( ....)L'inauguration célèbre un moment de l'oeuvre, celui de la floraison du lin, celui de la couleur qui découpe le dessin dans le paysage et qui aurait réjoui Matisse. Cependant, il ne faudrait pas négliger une temporalité de l'oeuvre qui s'inscrit dans l'évolution de cette couleur allant du vert avant l'épanouissement des fleurs jusqu'au jaune-brun de leur transformation en capsules. Cette façon qu'à la nature de marquer le passage du temps par l'évolution sensitive de sa matière, à travers les couleurs, les odeurs et les textures, jalonne l'existence de l'oeuvre et énonce son devenir éphémère. Le lin ne repoussera pas, l'oeuvre aura eu un principe et une fin, mais chaque jour, elle aura ravi le sens de sa transformation tout en modelant le paysage et en l'habillant de nouveaux regards. (....)En se déplaçant, en prenant conscience du temps et de l'espace parcouru, la réception de l'oeuvre s'engage au delà de la contemplation. C'est à ce titre que l'on peut douter de la fiction avec le paysage. La rivière de lin est parce que l'oeuvre est. La fiction n'arrive qu'après, quand une photographie immortalisera un moment qui ne sera plus. A partir de langage et paysage, de paysage et photographique, d'étranges dichotomies s'opèrent, éclairant la vision artistique au détriment de ce que trop légèrement l'on appelle la réalité.' |
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